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Edition

Bunker

Une installation théâtrale conçue par Claire Balerdi.

Le point de départ à l’écriture de ce spectacle est un fait divers datant du printemps 2008 : le cas de la jeune Elizabeth Fritzl, séquestrée et violée par son père durant vingt-quatre années (de 1984 à 2008). Cette femme a eu sept enfants de sa relation incestueuse avec son père. Enfermée dans la cave de la maison familiale, elle aura vécu là toutes ces années sans que personne ne s’en aperçoive. L’affaire provoque un véritable scandale et captive toute l’Europe.

Bunker se détache volontairement du fait divers et souhaite proposer à son spectateur un théâtre qui ne soit pas de l’ordre du documentaire, similaire aux nombreux reportages que nous pouvons voir dans nos télévisions. Il s’agit de proposer un temps de rencontre autour d’un drame qui dépasserait le simple show, spectaculaire et voyeur, et tenterait d’interroger réellement le citoyen sur son positionnement face à une telle médiatisation de ces événements.  
L’inceste mais plus largement la violence physique et psychologique infligée au cœur même de la famille est ici abordée.

Bunker pose le problème du voyeurisme mais sans l’imposer à son spectateur qui demeure libre de regarder ou de partir. Nous devons nous arrêter et prendre place dans le bunker, nous installer les uns avec les autres.
Sommes-nous face ou avec  Elizabeth ? Se dérober, avancer, rassembler, lâcher.
Un espace partagé entre spectateurs et acteurs, entre voyeurs et victimes.
Le dispositif met à nu notre culpabilité inconsciente. Un espace claustrophobique où chacun prendrait conscience de ses limites.
 

  • Elizabeth :
    Il y a ce vieux papier peint rose
    Sur les parois de ma chambre.
    Rose parce que je suis…

    Josef :
    Voix-off
    Tu es ma petite princesse !

    Elizabeth :
    Il y a à la place du quartier où l’on aime se retrouver avec mes frères et sœurs.
    Des rires
    Beaucoup de rires !
    Elle pouffe de rire. Elle passe une main sur sa bouche et étale son rouge à lèvres.
    Des parties de foot, des glissages en luges.
    [...]
    Elle pose violemment la main entre ses cuisses et pousse un petit souffle de stupeur.
    Et puis un matin sur mes cuisses
    Il y a du sang
    Mes premières règles !
     

  • Josef :
    Le visage du vieil homme apparaît alors dans le trou de la tapisserie.

    Tu es une femme ma fille.

    Elizabeth :
    Adieu la petite princesse !
    […]
    Elle glisse le long du mur et se retrouve au sol en position fœtale.

    Josef :

    1 / 2 / 3 / 4 / 5 / [...] 20 / 21 / 22 /
    Où te caches-tu ? Ce n’est pas bien de se cacher tu sais, papa va se mettre en colère ?
    23 / 24 /25
    Il continue à compter.

    Elizabeth :
    La jeune fille attache ses cheveux longs sur son visage en une couette inversée. Elle n’y voit plus rien.

    Un contenant et un contenu. Un couvercle. Un espace que l’on remplit. Moi, Elizabeth.